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Publié par Lionel Cosson

Sophie Freux de la Fuligineuse, même si elle n’avait aucune idée de l’endroit où Claudia da Capo pouvait l’emmener, était un peu moins inquiète que lors de sa folle course en compagnie de Zygène de la Filipendule.

Ici, l’urgence était moins physique qu’intellectuelle, et, de toute façon, il était hors de question de concurrencer le mur du son, étant donné le handicap de sa nouvelle connaissance.

La cacoxénienne s’adapta donc, tant bien que mal, au pas aussi décidé que détraqué de la sorcière des claviers.

Elle suivit ainsi sa guide pendant un petit moment, dans les tours et détours des rues vérolées d’or de Genèse, jusqu’à ce que celle-ci s’arrête soudainement devant ce qui ressemblait à un débit de boisson.

« Entrons ! » se contenta de dire Claudia.

Une phrase plus tard, elles étaient attablées, prêtes à se faire servir, entourées par des buveurs pleins de respect et de dévotion pour la royale personne de la pianiste qui était plus gênée que flattée.

Pietro Carlo della Spada n’avait pas menti : Claudia da Capo était très aimée des philoméliens.

« Vous avez l’urgence cérémonieuse, je trouve ! ne put s’empêcher de faire remarquer la sèche Sophie, ne suis-je pas en danger ?

_ Tout dépend de nous ! fit Claudia, feignant d’ignorer les propos de son interlocutrice.

_ Comment ça, « Tout dépend de nous ! » ? N’avez-vous pas dit que ma seule présence dans ce pays représentait une menace ?

_ Tout dépend de vous ! se contenta de répondre la même Claudia, toujours aussi impassible.

_ Hé bien, si tout dépend de moi, j’aimerais au moins être au courant de ce qui se passe ici ! Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, bien sûr ! tonna la guitariste, légèrement exaspérée par tant de laconisme.

_ Ne vous fâchez pas… ! Je vais tout vous expliquer… ! Même si je ne sais pas par où commencer… !

_ Le commencement me semble être une possibilité !

_ Vous…

_ Hé bien, reprenons les choses dans l’ordre, reprit Sophie. Qui est Gwladys Dièse de la Mélique ?

_ Je vous l’ai déjà dit ! Gwladys Dièse de la Mélique est la mère de toutes les musiques !

_ Ce qui ne m’apprend absolument rien !

_ Attendez, et laissez-moi vous expliquer !

_ Faites donc ! »

Claudia da Capo toussa pour s’éclaircir la voix, puis elle commença :

« Eh bien, de tout temps et de toute éternité, Gwladys Dièse de la mélique ou la mère de toutes les musiques, appelez-la comme vous voudrez, a été celle qui ordonne et fait exister toutes les îles qui composent ce qu’on appelle l’Archipel de Philomèle. C’est elle qui a apporté aux hommes et aux femmes qui peuplent ce pays ce qu’on appelle musique ! C’est à elle que l’on doit cette merveille ainsi que les débuts de notre civilisation !

_ Je retire ce que j’ai dit tout à l’heure ! Gwladys Dièse de la Mélique est une femme admirable ! s’exclama Sophie, avec une pointe de mauvaise foi.

_ Je ne vous dirai pas le contraire ! ajouta Claudia, amusée par son interlocutrice.

_ Comment une femme comme elle pourrait en vouloir à ma vie ou à ce pays ?

_ Elle ne veut attenter à la vie de personne ! Ni à la vôtre, ni à celle des habitants de ce pays, rassurez-vous !

_ Eh bien, où est le problème ? Vous avez là une déesse sympathique et pacifique, que tout le monde doit adorer !

_ Détrompez-vous ! C’est loin d’être le cas !

_ Ah bon ? Tout le monde la déteste, alors ?

_ C’est bien pire !

_ Je ne vois pas ce qu’il peut y avoir de pire !

_ Elle a été oubliée ! Ou-bli-ée ! fulmina Claudia, terrorisant au passage les autres clients.

_ Oubliée ? Les philoméliens sont des gens bien ingrats ! fulmina à son tour Sophie, terrorisant, elle aussi, les clients qui n’en demandaient pas tant.

_ Ce n’est pas de leur faute !

_ A qui est-ce la faute, alors ?

_ C’est la faute à mes deux oncles !

_ Quoi ?! Lorenzo Legato et Stefano Staccato ?!

_ Comment connaissez-vous leur nom ?

_ Pietro Carlo della Spada m’a a un peu parlé d’eux !

_ Et que vous en a-t-il dit ?

_ Oh… Pas grand-chose ! Il m’a dit qu’il ne faisait que leur obéir !

_ Eh bien, il ne devrait pas !

_ Il ne devrait pas ? Mais pourquoi ?

_ C’est par leur politique désastreuse que la mère de toutes les musiques a été oubliée ! C’est par leur inaction que le fléau grandit ! dit Claudia, en colère.

_ Justement, ce fléau…

_ Vous l’avez vu vous-même !

_ Que suis-je censée avoir vu ?

_ Hé bien, le fléau ! Vous n’allez quand même pas me dire que vous n’avez rien remarqué de bizarre en vous promenant dans les rues de Genèse ?

_ Je ne sais pas moi… ! L’accoutrement des habitants… ? Vous voir jouer au milieu de la rue… ? plaisanta Sophie Freux de la Fuligineuse.

_ Vous ne vous êtes rendu compte de rien ?

_ Non ! A part, ses drôles de décorations murales, je n’ai rien remarqué de choquant !

_ Hé bien, justement ! Ces décorations murales, comme vous dites, ce sont elles le fléau qui frappe l’archipel ! Ce sont elles les symptômes de la maladie qui nous ronge !

_ Des décorations murales ?! Un fléau ?! fit Sophie Freux aussi amusée que surprise.

_ Tout à fait, reprit Claudia, et personne ne sait d’où il peut provenir et comment l’arrêter ! Il recouvre tout et pétrifie tout ! Paysages, habitations… Tout, tout, tout !

_ Et donc, vos oncles sont incapables de l’endiguer si j’ai bien compris !

_ Vous avez bien compris ! Mais le pire dans tout cela, c’est que je les soupçonne d’en être responsables !

_ Responsables ?! Comment pourraient-ils être responsables d’une telle chose ?!

_ Hé bien, cette calamité est apparue juste après que mes oncles aient interdit la pratique du culte de Gwladys Dièse de la Mélique !

_ Un culte ?! Une interdiction ?! Mais pourquoi ?! se demanda Sophie Freux de la Fuligineuse qui n’en pouvaient plus de tant de mystères.

_ Ils jugeaient cette croyance obsolète ! Ils disaient au peuple qu’il était tout à fait pernicieux de faire preuve de dévotion envers une déesse qui ne s’était jamais donné la peine d’apparaître ! Ils affirmaient à la foule qu’ils avaient trouvé les véritables origines de la musique et qu’ils savaient comment faire évoluer l’archipel !

_ Et en réalité, qu’en était-il ?

_ En réalité, ils ne pouvaient pas se mettre d’accord sur la politique musicale à adopter et chacun essayait d’imposer ses propres conceptions à l’autre ! Ils en sont encore là aujourd’hui ! Quoi qu’il en soit, le mal étrange a fait son apparition à ce moment-là et jusqu’à ce jour ils n’ont jamais pu proposer une solution pour le combattre efficacement ! Enfin, je pense que les choses ont commencé à basculer le jour où ces deux lamentables instrumentistes ont rencontré cette femme !

_ Une femme ?

_ Une femme ! Un jour, à peu près vers ma dixième année, je les ai surpris, au détour d’un couloir, en compagnie d’une femme inconnue ! Elle dégageait quelque chose d’étrange !

_ Quelque chose d’étrange ? fit la cacoxénienne qui n’était plus qu’un écho.

_ Un peu comme si l’espace autour d’elle était distordu ! C’est très dur à expliquer ! »

Il n’en fallait pas plus à Sophie Freux pour lui remettre en tête le cauchemar qu’elle avait fait chez Gwladys Dièse de la Mélique.

La femme qu’elle avait rencontrée dans son délire onirique n’était pas sans rappeler la description de Claudia da Capo. Serait-il possible que… ?

Non !

La six-cordiste chassa bientôt cette idée de sa tête, mais ne put s’empêcher de demander :

« Et cette femme étrange, à quoi ressemblait-elle ?

_ Je ne m’en souviens plus ! De longs cheveux noirs comme des racines… Des colliers… Je ne sais plus ! »

La jeune six-cordiste sentit un frisson glacé lui parcourir l’échine.

Claudia da Capo continua :

« Tout ce dont je me rappelle, ce sont les paroles prononcées par mes deux oncles !

_ Et quelles étaient-elles ?

_ Pour notre sécurité, il est impératif que la mère de toutes les musiques soit oubliée ! Et comme par hasard, juste après ces évènements, un édit royal, considérant la croyance en la mère de toutes les musiques comme criminelle, fut promulgué. Inutile de dire que ceux qui y croyaient dur comme fer se firent très discrets ! Ils avaient trop peur de finir au bout d’une corde ou d’une épée ! Enfin, vous pouvez contemplez vous-même le résultat de quelques années d’une telle pratique : quasiment tout le monde a oublié, ou feint d’oublier, Gwladys Dièse de la Mélique !

_ Et elle a été oubliée en aussi peu de temps ?! Elle, une déesse plus que millénaire ?!

_ C’est ce que je n’arrive pas à m’expliquer ! Peut-être est-ce la faute à cette femme… Enfin, il faut dire que la mère de toutes les musiques ne s’est jamais vraiment montrée ! En donnant la musique au philoméliens, elle pensait sûrement ne plus avoir à prouver son existence !

_ Et vous ? Vous croyez en elle ?

_ Bien sûr que je crois en elle ! Quoi de plus merveilleux que la musique, quand on y pense !

_ Expliquez-vous !

_ Elle est différente des autres arts !

_ C’est-à-dire ?

_ Eh bien, si vous écrivez ou peignez quelque chose, c’est toujours quelque chose !

_ Quelque chose ?

_ Quelque chose ! Que ce soit dans une peinture ou dans un livre, vous essayez toujours d’imiter la réalité ! Vous avez toujours besoin de partir d’elle, soit pour l’exalter, soit pour la nier !

_ Et dans la musique, ce n’est pas le cas ?

_ Non, ce n’est pas le cas ! La musique n’imite rien ! Pourtant, elle est capable de nous émouvoir ou de nous faire sortir de nous-mêmes ! C’est de la magie ! Pour moi, c’est une preuve suffisante de l’existence de Gwladys Dièse de la Mélique ! »

Sophie Freux de la Fuligineuse ne put rester que silencieuse face aux envolées lyriques de Claudia da Capo.

Bien qu’elle partageât avec cette dernière les mêmes idées sur la musique, elle ne pouvait en parler aussi ouvertement et aussi naïvement.

Elle s’était toujours contentée de faire circuler celles-ci au bout de ses doigts ou dans ses cordes et, jusque là, cela ne lui avait pas trop mal réussi.

Mais maintenant, elle se surprenait à envier l’aplomb de son interlocutrice.

Elle reprit timidement :

« Et cela vous suffit ?

_ Bien sûr ! Mais, pour ne rien vous cacher, j’ai déjà rencontré Gwladys Dièse de la Mélique !

_ Vous l’avez déjà rencontrée ?!

_ Oui ! Quand j’étais petite et que je m’étais perdue sur la Route Chromatique !

_ Ah bon ? Vous aussi ?

_ Quoi… ?!

_ Rien !

_ Bref, elle m’a accueillie dans son palais, m’a réconfortée, et m’a même appris les rudiments du clavier ! Mais à l’époque, j’ignorais qui était cette grande femme qui fumait tout le temps ! Ce n’est que bien plus tard que je l’ai su !

_ Et depuis, l’avez-vous revue ?

_ Non ! Mais je ne l’ai pas oubliée !

_ Elle non plus !

_ Hein ? Comment ça ?

_ Eh bien, comme je vous l’ai dit tout à l’heure, elle m’a parlé de vous ! Elle m’a même dit que vous pourriez m’aider !

_ Vous aider ?

_ M’aider ! Je suis à la recherche d’un homme bizarre et barbu qui s’appelle Zygène de la Filipendule ! C’est de sa faute si je me retrouve ici !

_ Zygène de la Filipendule ? Je suis désolée, mais je ne connais personne qui porte ce nom à Philomèle ! Par contre, si vous vouliez bien me raconter votre histoire, afin que nous sachions quoi faire ! »

Sophie Freux de la Fuligineuse se transforma une nouvelle fois en conteuse, narrant à Claudia da Capo ce qu’il en coûtait de recouvrer la mémoire et ce qu’il en découlait en termes de déboires.

Elle n’omit rien et, dans sa bouche, se télescopèrent le groupe Demi-deuil et Gwladys Dièse de la Mélique, Meredith de Malemort et Zygène de la Filipendule, Cacoxène et son cauchemar.

« Quelle aventure ! s’exclama Claudia.

_ Je ne vous le fais pas dire ! ajouta Sophie.

_ En tout cas, je crois bien que Gwladys Dièse de la Mélique a une idée derrière la tête !

_ Quel genre d’idée ?

_ Le genre d’idée à bouleverser un archipel tout entier!

_ Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

_ C’est la première fois depuis très longtemps que la mère de toutes les musiques s’immisce dans les affaires des philoméliens ! Par le biais d’une étrangère de surcroît… ! Et votre rêve où apparaît cette femme étrange qui ressemble tant à la mienne ! Tout cela est troublant ! Mais si elle peut mettre un terme aux agissements de ces rois risibles ou plutôt devrais-je dire de ces régents !

_ Des régents que vous avez l’air de détester ! ajouta Sophie Freux de la Fuligineuse.

_ Je ne dirai pas le contraire ! Ce sont d’infâmes profiteurs ! Pourquoi mes parents ne sont-ils plus là ?

_ Vos parents… ?!

_ Oui, mes parents ! Ils sont morts tous les deux dans un accident ! J’étais encore très petite… ! J’étais restée au palais… ! Ce sont mes oncles qui ont hérité du trône… ! Du moins jusqu’à que j’ai l’âge de leur succéder ! »

Sophie n’osa pas poser de question sur les circonstances de cet accident car elle voyait son interlocutrice tenter de contenir ses larmes.

Après un silence un peu gênant elle préféra recentrer la discussion sur son avenir :

« Vous n’avez qu’à prendre votre mal en patience, si je comprends bien !

_ J’aimerais tant ! Mais on ne m’en laisse pas le temps !

_ Comment peut-on ne pas vous en laisser le temps ?!

_ En essayant de me tuer, tout simplement !

_ Vous tuez ?!

_ Regardez ! »

Claudia da Capo, avec un calme imperturbable, montra sa béquille de bois à Sophie Freux de la Fuligineuse qui ne se posa désormais plus de question quant à la nature du handicap de la noble philomélienne.

« Une balle perdue et… Une jambe de perdue ! dit Claudia avec un humour très noir.

_ Qui pourrait… ?!

_ Je n’en sais rien ! La seule chose que l’on a pu découvrir, c’est que cette balle provenait de l’armurerie de la garde royale ! Quant à savoir l’identité du commanditaire du meurtre…

_ Pourquoi pas Lorenzo Legato ou Stefano Staccato ? Ils apparaissent comme des coupables tout désignés ! Comment garder le pouvoir, sinon en essayant de tuer l’unique héritière du trône ? C’est presque trop évident !

_ C’est pour cette raison que je rejette cette hypothèse ! Mes oncles ne me portent pas dans leur coeur, c’est un fait ! Mais de là à faire une telle chose ! Je ne pense pas qu’ils puissent m’assassiner parce que mes vues musicales diffèrent des leurs !

_ Je vois… Encore ce problème autour de Gwladys Dièse de la Mélique !

_ Vous avez vu juste ! Ils veulent instituer une politique musicale tout à fait nouvelle, une grande réforme musicale, un idéal de progrès auditif… En fait je les soupçonne plutôt de vouloir construire un monument à la gloire de leur ego ! De plus, ils sont incapables de se mettre d’accord ! Je ne serais pas surprise qu’un jour ils s’entretuent !

_ En seraient-ils capables ?

_ Oui ! Malheureusement ! répondit Claudia d’un ton résigné.

_ En tout cas, vous n’êtes pas dans une meilleure situation que moi, à ce que je vois !

_ Non, en effet ! Mais je peux, au moins, agir sur la vôtre ! Toutefois, je ne sais pas encore quelle est la meilleure solution ! Dois-je vous cacher ? Dois-je vous faire partir de l’archipel ? Devons-nous attendre une hypothétique réaction de la mère de toutes les musiques ?

_ Je suis bien mal placée pour vous répondre ! Je ne sais déjà pas comment je suis arrivée ici… ! Alors quant à savoir ce que je devrais faire maintenant… !

_ De toute façon, pour l’instant, il n’y a rien à craindre de mes deux oncles, puisqu’ils n’ont pas été informés de votre venue ! Que diraient-ils s’ils savaient qu’une étrangère qui a rencontré Gwladys Dièse de la Mélique se promène dans l’île ? Ils se sentiraient en danger, je pense !

_ Et Zygène de la Filipendule ? demanda Sophie Freux de la Fuligineuse.

_ Réfléchissons ! » se contenta de dire Claudia da Capo.

Et effectivement, elles réfléchirent.

Sans qu’aucune idée satisfaisante n’en résulte, d’ailleurs.

Claudia pensait à Gwladys Dièse de la Mélique et à ses agissements secrets.

Sophie, elle, songeait à l’étrange femme qui n’était plus un rêve.

Soupirs synchrones.

Quand soudain, un sémillant serveur amenant deux verres rompit un silence lourd de réflexions :

« Veuillez excuser mon outrecuidance, mademoiselle da Capo, mais j’ai pensé vous offrir un petit verre d’une boisson extrêmement rare afin de vous remercier d’honorer mon modeste établissement de votre présence !

_ Je vous en remercie !

_ Vous ne serez pas en reste, mademoiselle, dit le serveur en se tournant vers Sophie, j’ai aussi un verre pour vous !

_ Mais c’est de la liqueur de mirabelle !

_ Mais comment savez-vous ? s’exclama le serveur abasourdi.

_ J’en ai déjà bu !

_ C’est… C’est… C’est incroyable ! »

Le serveur n’eut pas le temps d’aller plus loin dans son étonnement car une dizaine de gardes royaux firent une soudaine irruption dans son petit et éthylique établissement.

Après s’être inclinés devant la noble Claudia da Capo, ils se tournèrent vers celle qui l’accompagnait et l’un deux, d’un ton aussi militaire que monocorde dit :

« Mademoiselle Sophie Freux de la Fuligineuse ?

_ C’est moi ! dit-elle sans l’ombre d’une émotion.

_ Nous avons ordre de vous emmener auprès de ses majestés Lorenzo Legato et Stefano Staccato !

_ Et pour quelle raison, je vous prie ?

_ Ils veulent s’entretenir avec vous !

_ Et si je refuse ?

_ Nous nous verrons dans l’obligation de vous emmener de force ! »

Sophie regarda Claudia dans les yeux.

« J’accompagne mademoiselle de la Fuligineuse ! Mes oncles y voient-ils une objection ?

_ Non, mademoiselle da Capo !

_ Alors allons-y ! »

Les musiciennes quittèrent la salle dans le silence et sous bonne escorte.

Le serveur était pétrifié.

Deux verres tombèrent par terre.

Ciel de Suie - Chapitre 10 - La mère de toutes les musiques -
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