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Publié par Lionel Cosson

Voici une série de textes qui se veulent des pastiches, c'est-à-dire qui utilisent les recettes de Serge Gainsbourg ( citer plusieurs œuvres littéraires, musicales ou picturales dans une chanson, chanter en adoptant le point de vue d'un dandy décadent cynique, dépressif et légèrement pervers aux entournures, vous adresser à une femme fatale ou à une lolita qui vous ignore ou que vous méprisez, mettre en relief certains jeux de mots ou baser toute votre chanson sur une ou plusieurs onomatopées, faire du "name-dropping" et citer des noms de marques comme s'il s'agissait de substantifs, etc.) ou qui explorent des domaines qu'il n'avait pas pu ou voulu aborder, le tout dans une optique plus ou moins respectueuse.

Ces écrits sont aussi l'occasion de mélanger des univers à priori incompatibles (Gainsbourg et les emos, Kraftwerk, etc.)

 

Avec les uchronies gainsbouriennes, tout n'est que luxe, spasmes et vers dévoyés.

Aujourd'hui, imaginons que ce cher Serge habille une triste poupée de podium de ses vers haute-couture.

Du Yves Saint-Gainsbourg?

 

Amour et coûts humains

 

 

Tes longs cils, fins et doux comme de la soie,

Sont de cette étoffe dont on fait les rêves,

Ton frêle corps fait au point de chemin d'croix,

Me touche à fleur de poésie sans trêve.

 

Ma chère petite poupée toute chiffonnée,

Belle enfant défaite au cœur couturé,

Je couperai et recouperai ton opprobre,

Pour qu'il ait des airs de noblesse de robe.

 

Victime de la machine à en découdre,

Tu perds le fil du vide de tes pensées,

Et ton beau visage fait parler la poudre,

Quand on te parle de te raccommoder.

 

Ma chère petite poupée toute chiffonnée,

Belle enfant défaite au cœur couturé,

Je couperai et recouperai ton opprobre,

Pour qu'il ait des airs de noblesse de robe.

 

Et quand il s'agit de te défiler,

Tu plonges dans ton nécessaire à coups durs,

Tu prépares ta valise à vanités,

Puis, te tire à quatre épingles de suture.

 

Ma chère petite poupée toute chiffonnée,

Belle enfant défaite au cœur couturé,

Je couperai et recouperai ton opprobre,

Pour qu'il ait des airs de noblesse de robe.

 

Je volerai le sale air de tes patrons,

Qui s'usent à passer de filles en aiguilles.

Je t'offre l'usufruit de ma passion,

Plus ouvragé que tes beaux bas-résilles.

 

Ma chère petite poupée toute chiffonnée,

Belle enfant défaite au cœur couturé,

Je couperai et recouperai ton opprobre,

Pour qu'il ait des airs de noblesse de robe.

 

Uchronies Gainsbouriennes - Amours et Coûts Humains
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