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Publié par Lionel Cosson

Voici une série de textes qui se veulent des pastiches, c'est-à-dire qui utilisent les recettes de Serge Gainsbourg ( citer plusieurs œuvres littéraires, musicales ou picturales dans une chanson, chanter en adoptant le point de vue d'un dandy décadent cynique, dépressif et légèrement pervers aux entournures, vous adresser à une femme fatale ou à une lolita qui vous ignore ou que vous méprisez, mettre en relief certains jeux de mots ou baser toute votre chanson sur une ou plusieurs onomatopées, faire du "name-dropping" et citer des noms de marques comme s'il s'agissait de substantifs, etc.) ou qui explorent des domaines qu'il n'avait pas pu ou voulu aborder, le tout dans une optique plus ou moins respectueuse.

Ces écrits sont aussi l'occasion de mélanger des univers à priori incompatibles (Gainsbourg et les emos, Kraftwerk, etc.)

 

Revenons à nos moutons fumeurs de gitanes et basculons dans l'évidence avec cette nouvelle uchronie gainsbourienne: Qu'aurait écrit le sémillant Serge s'il avait vécu au XVIII ème siècle, enfumé et emperruqué, toucheur de clavecin et professeur particulier de certaines petites Justine qui aiment les liaisons dangereuses sur la portée?

Bref, laissons place à Serge de Gainsbourg!

 

L'amour est un coupe-reins

 

 

Rien n'élève plus le maître qui a de l'âme,

Que de vous apprendre à bien faire vos gammes,

Pour que vos jolis doigts collent au ratures,

D'un style de jeu à fleur d'appogiatures.

 

 

Dans le bel art de toucher le clavecin,

Laissez-moi vous prendre et reprendre en main.

A mes oreilles d'expert rien n'est plus beau,

Que mes longs doigts glissant sur votre do.

 

 

Je vais vous sembler un peu fat, jeune fille,

Mais ne donnez pas votre cœur à mi.

Préférez-lui une tierce personne,

Dont la musique sait prendre corps et sonne.

 

 

Dans le bel art de toucher le clavecin,

Laissez-moi vous prendre et reprendre en main.

A mes oreilles d'expert rien n'est plus beau,

Que mes longs doigts glissant sur votre do.

 

 

Il serait utile de mettre un bémol,

A cette envie de vous voir sur le sol,

Car cela pourrait bien trop altérer,

Les folles clauses de notre accord parfait.

 

 

Dans le bel art de toucher le clavecin,

Laissez-moi vous prendre et reprendre en main.

A mes oreilles d'expert rien n'est plus beau,

Que mes longs doigts glissant sur votre do.

 

 

Comment pouvez-vous jouer sans armure,

Et perdre ainsi tout sens de la mesure?

Pour un peu vous pourriez porter aux nues,

Mes ornements lascifs et dissolus.

 

 

Dans le bel art de toucher le clavecin,

Laissez-moi vous prendre et reprendre en main.

A mes oreilles d'expert rien n'est plus beau,

Que mes longs doigts glissant sur votre do.


 

 

Uchronies Gainsbouriennes - L'Amour est un Coupe-Reins
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