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Publié par Lionel Cosson

Voici une série de textes qui se veulent des pastiches, c'est-à-dire qui utilisent les recettes de Serge Gainsbourg ( citer plusieurs œuvres littéraires, musicales ou picturales dans une chanson, chanter en adoptant le point de vue d'un dandy décadent cynique, dépressif et légèrement pervers aux entournures, vous adresser à une femme fatale ou à une lolita qui vous ignore ou que vous méprisez, mettre en relief certains jeux de mots ou baser toute votre chanson sur une ou plusieurs onomatopées, faire du "name-dropping" et citer des noms de marques comme s'il s'agissait de substantifs, etc.) ou qui explorent des domaines qu'il n'avait pas pu ou voulu aborder, le tout dans une optique plus ou moins respectueuse.

Ces écrits sont aussi l'occasion de mélanger des univers à priori incompatibles (Gainsbourg et les emos, Kraftwerk, etc.)

 

Cette fois-ci, imaginons que l'homme à la tête de chou à le ciel qui lui tombe sur la tête et se sente vieux et inutile jusqu'à se prendre pour une version décadente de l'Ecclésiaste, écrivant une petite vanité sonore pour injurier le temps qui passe.

 

La Mort est une Montre

 

 

Mes doigts prenant les corps pour une Carte du Tendre,

Durent devant le dur désir de durer se rendre,

Mes petites poupées en glaise pétries avec goût,

Finirent toutes à genoux dans des empires de boue.

 

Cupidon est rosse et Chronos cabosse,

Vénus est venue et s'est vue vaincue.

 

Les muses s'usent à force de se frotter au Temps,

Et puis, perdent leurs grands airs et l'heure de nous plaire.

Pour ces princesses appelées par la Reine Poussière,

Il n'y a pas pire caresse que celle du cadran.

 

Mon inspiration allait par monts et Parnasses,

Mais ce sale Sablier m'a fait perdre sa trace.

Tous mes poèmes ont un avant-goût de tombeau,

Quand les vers commencent à grouiller dans mon cerveau.

 

 

Cupidon est rosse et Chronos cabosse,

Vénus est venue et s'est vue vaincue.

 

Les muses s'usent à force de se frotter au Temps,

Et puis, perdent leurs grands airs et l'heure de nous plaire.

Pour ces princesses appelées par la Reine Poussière,

Il n'y a pas pire caresse que celle du cadran.

 

Mon piano chantait la Beauté sur des temps forts,

Mais la Camarde a diminué ses accords.

Ne me reste-t-il que des morceaux plein de morgue,

Pour lui montrer que ma vie s'écrit en points d'orgue?

 

 

Cupidon est rosse et Chronos cabosse,

Vénus est venue et s'est vue vaincue.

 

Les muses s'usent à force de se frotter au Temps,

Et puis, perdent leurs grands airs et l'heure de nous plaire.

Pour ces princesses appelées par la Reine Poussière,

Il n'y a pas pire caresse que celle du cadran.

 

Uchronies Gainsbouriennes - La Mort est une Montre -
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