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Publié par Lionel Cosson

Voici une série de textes qui se veulent des pastiches, c'est-à-dire qui utilisent les recettes de Serge Gainsbourg ( citer plusieurs œuvres littéraires, musicales ou picturales dans une chanson, chanter en adoptant le point de vue d'un dandy décadent cynique, dépressif et légèrement pervers aux entournures, vous adresser à une femme fatale ou à une lolita qui vous ignore ou que vous méprisez, mettre en relief certains jeux de mots ou baser toute votre chanson sur une ou plusieurs onomatopées, faire du "name-dropping" et citer des noms de marques comme s'il s'agissait de substantifs, etc.) ou qui explorent des domaines qu'il n'avait pas pu ou voulu aborder, le tout dans une optique plus ou moins respectueuse.

Ces écrits sont aussi l'occasion de mélanger des univers à priori incompatibles (Gainsbourg et les emos, Kraftwerk, etc.)

 

Continuons nos uchronies gainsbouriennes et imaginons que ce cher Serge soit tombé sur un joli rat de bibliothèque qui n'accepte pas forcément de n'être que la Galatée d'un Pig-malion, adepte de la perversification.

Bref, voici venir Serge Gainsbook/Gainsbuch.

 

Libido Scribendi

 

 

Tu te rêves maître-calligraphe,

Jugeant mes pleins et mes déliés,

Mais tu n'es qu'un vieux pornographe,

Qui a les traits d'esprits tirés.

 

Et la femme sans tête perd ses vers...

Et la femme sans pieds trouve son maître...

 

Tu m'effeuilles à longueur de pages,

Avec tes mâles enluminures,

Salissant d'encre mon corps sage,

Pendant que je lis tes ratures.

 

Quand une femme de lettres se livre,

Aux analphabètes et méchants,

Il ne lui reste plus qu'à vivre,

Le plus dramatique des romans.

 

Ta poésie distille l'ennui,

Car tes belles muses sont mises en bière,

Et tu me saoules de saintes beuveries,

Pour me noyer au fond d'un vers.

 

Et la femme sans tête perd ses vers...

Et la femme sans pieds trouve son maître...

 

Quand ton maudit amour de l'Art,

Te fait écrire comme un cochon,

Je me sens comme un Fragonard,

Dont on aurait pris les jupons.

 

Quand une femme de lettres se livre,

Aux analphabètes et méchants,

Il ne lui reste plus qu'à vivre,

Le plus dramatique des romans.

 

L'hameçon dans l'étang du récit,

Le regard dans le roman-fleuve,

Tu attends que le beau varie,

Pour pêcher les belles qui t'émeuvent.

 

Et la femme sans tête perd ses vers...

Et la femme sans pieds trouve son maître...

 

Méfie-toi des muses endormies,

Blasées de tes impurs blasons,

Car ton réveil sera écrit,

Avec des plumes et du goudron.

 

Quand une femme de lettres se livre,

Aux analphabètes et méchants,

Il ne lui reste plus qu'à vivre,

Le plus dramatique des romans.

 

Uchronies Gainsbouriennes - Libido Scribendi
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