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Publié par Lionel Cosson

Voici une série de textes qui se veulent des pastiches, c'est-à-dire qui utilisent les recettes de Serge Gainsbourg ( citer plusieurs œuvres littéraires, musicales ou picturales dans une chanson, chanter en adoptant le point de vue d'un dandy décadent cynique, dépressif et légèrement pervers aux entournures, vous adresser à une femme fatale ou à une lolita qui vous ignore ou que vous méprisez, mettre en relief certains jeux de mots ou baser toute votre chanson sur une ou plusieurs onomatopées, faire du "name-dropping" et citer des noms de marques comme s'il s'agissait de substantifs, etc.) ou qui explorent des domaines qu'il n'avait pas pu ou voulu aborder, le tout dans une optique plus ou moins respectueuse.

Ces écrits sont aussi l'occasion de mélanger des univers à priori incompatibles (Gainsbourg et les emos, Kraftwerk, etc.)

 

Voici un autre texte, résultat de la rencontre entre l'érotomanie gainsbourienne et les obsessions kraftwerkiennes (modernolâtrie, cosmopolitisme et fétichisation des objets).

Bref, laissons venir à nous Serge Gainswerk.

 

Une nymphe dans le moteur

 

 

Coule-toi dans mon alcôve d'acier,

Qui appelle perles et colliers.

Couche-toi dans mon boudoir de fer,

Qui saura épouser ta chair.

 

Échappe-toi de ta chambre de dépression,

Rejoins-moi dans ma chambre à combustions,

Pour y goûter à des détentes sans noms,

Qui ont l'âpre arrière-goût des explosions.

 

Les mille décharges d'un Paris électrique,

Mettront le feu à nos peaux mises en Seine,

Et les danses d'une Tour Eiffel impudique,

Illumineront l'échange de nos gênes.

 

Coule-toi dans mon alcôve d'acier,

Qui appelle perles et colliers.

Couche-toi dans mon boudoir de fer,

Qui saura épouser ta chair.

 

Perds-toi dans mes soupapes et mes pistons,

Anime ma mécanique de précision,

Sans cesse caresse la crinière à pignons,

De mon piaffant Pégase à propulsion.

 

Dans un bouillonnant Berlin à turbines,

Où de beaux anges bleus sont mis en bière,

Nous casserons nos compteurs à endocrines,

Avant que de longs couteaux ne nous serrent.

 

Coule-toi dans mon alcôve d'acier,

Qui appelle perles et colliers.

Couche-toi dans mon boudoir de fer,

Qui saura épouser ta chair.

 

Ajoute l'odieux sel de la séduction,

A mon mélange de vices et de boulons,

Danse comme une Salomé à percussions,

Sur de puissantes et motrices scansions.

 

Dans les artères d'une Londres alanguie,

Nous brûlerons nos vaisseaux dans le brouillard.

Dans la compagnie d'indolents dandies

Nous offrirons nos cous à Trafalgar.

 

Coule-toi dans mon alcôve d'acier,

Qui appelle perles et colliers.

Couche-toi dans mon boudoir de fer,

Qui saura épouser ta chair.

 

Belle captive d'un plaisir sous pression,

Tu te libères d'un trop-plein de passions,

En me jetant dans des désirs sans fond,

Au-delà de sommets d'ébullition.

 

Derrière mes vitres teintées d'amertumes,

Bercé par tes râles à la grâce solaire,

Je regarde les pâles étoiles qui s'allument,

Pendant que nos roues quittent l'atmosphère.

 

coule-toi dans mon alcôve d'acier,

Qui appelle perles et colliers.

Couche-toi dans mon boudoir de fer,

Qui saura épouser ta chair.

 

 

Uchronies Gainsbouriennes - Une Nymphe dans le Moteur
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